« Los voladores » (en espagnol, « hommes volants ») sont les participants d'une ancienne cérémonie rituelle pratiquée par plusieurs peuples autochtones du Mexique et d'Amérique centrale, en particulier les Totonacs de l'État de Veracruz et de Puebla.
Selon un mythe totonaque, une sécheresse provoqua une famine parce que les dieux, négligés par les hommes, retenaient la pluie. Pour les apaiser, cinq jeunes hommes créèrent un rituel : avec l'autorisation du dieu de la montagne, ils abattirent le plus grand arbre de la forêt et l'élevèrent au centre du village. Quatre d'entre eux se lancèrent ensuite dans le vide, suspendus à des cordes, tandis que le cinquième jouait de la flûte et du tambour au sommet du mât. Touchés par cette offrande, le dieu de la pluie, Xipe Totec, et les autres dieux firent revenir les pluies, rendant à la terre sa fertilité.
La cérémonie met en scène cinq participants :
Quatre « voladores » grimpent au sommet d'un très haut mât en bois, mesurant entre 18 et 40 mètres de hauteur (l’arbre aura été fraîchement coupé dans la forêt accompagné d’un rituel : le pardon du dieu de la montagne)
Le cinquième, appelé le Caporal, reste sur la plateforme au sommet. Il joue de la flûte et d'un petit tambour en hommage aux vents, aux quatre points cardinaux et au Soleil.
Après cette invocation, les quatre voladores se laissent tomber dans le vide, retenus par de longues cordes attachées au sommet du mât. En tournant lentement autour du poteau, ils descendent progressivement vers le sol. Leur mouvement évoque le vol des oiseaux, d'où le nom de cette cérémonie.
Dans certaines régions, ces voladores sont habillés de costumes qui rappellent un aigle, un perroquet, un quetzal et un aras, symboles des dieux des quatre éléments .
Cette cérémonie est avant tout un rite de fertilité destiné à exprimer : - le respect de la nature ; - l'harmonie entre les êtres humains et le monde spirituel ; - un appel à la prospérité de la communauté.
Aujourd'hui, les «Hombres voladores » se produisent encore lors de fêtes religieuses, de célébrations communautaires et de festivals culturels, notamment autour de Papantla (ville située dans le nord de l'Etat mexicain de Veracruz), considéré comme l'un des principaux foyers de cette tradition. Cette dernière est inscrite depuis 2009 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO.